« Les libertins sont tous échangistes » : encore une idée reçue à ranger au placard

Quand on dit « libertinage » à quelqu’un qui n’y connaît rien, la première image qui lui vient en tête, c’est presque toujours la même : deux couples qui échangent leurs partenaires le temps d’une soirée. L’échangisme, en somme. Comme si c’était la seule porte d’entrée, la seule pratique qui vaille.

Sauf que le libertinage, c’est beaucoup plus large que ça. L’échangisme n’est qu’une pratique parmi d’autres, et pas forcément la plus représentative.

Pourquoi cet amalgame

C’est sans doute la pratique la plus ancienne, la plus médiatisée, celle qu’on associe historiquement au mot « libertinage ». Films, reportages, clichés d’un autre temps : l’échangisme a occupé toute la place dans l’imaginaire collectif, au point d’effacer toutes les autres pratiques qui composent pourtant ce mode de vie.

Résultat : pour beaucoup, libertin = échangiste. Un raccourci confortable, mais qui ne correspond pas à la réalité du terrain.

Une mosaïque de pratiques

Le libertinage, c’est avant tout une palette de possibles, où chacun compose selon ses envies et ses limites.

Il y a le mélangisme, où les couples se retrouvent dans un même espace sans forcément « s’échanger » au sens strict. Le côte-à-côtisme, où chacun vit sa propre expérience dans la même pièce, sans interaction croisée entre les deux couples. Le voyeurisme et l’exhibitionnisme, pour qui le plaisir passe avant tout par le regard. Le candaulisme, où l’un des partenaires prend du plaisir à voir l’autre avec quelqu’un d’autre. Et le hotwifing, une déclinaison où c’est la femme qui vit l’expérience, son partenaire dans un rôle plus en retrait.

Autant de pratiques bien distinctes de l’échangisme, avec chacune sa propre dynamique, ses propres codes. On ne va pas toutes les détailler ici : on a un article dédié pour ça, notre lexique libertin, qui explique chaque terme en profondeur.

Ce que nous racontait un ami

On a un ami à nous, candauliste depuis longtemps, qui résume ça très bien : « en 10 ans de libertinage, je n’ai dû échanger que 2 ou 3 fois. » Dix ans de soirées, de rencontres, d’expériences vécues à fond dans le libertinage et l’échangisme au sens propre, il ne l’a pratiqué qu’à de rares occasions.

C’est exactement ça, la réalité du milieu : on peut être pleinement libertin, y consacrer des années de sa vie, sans jamais « échanger » au sens classique du terme.

Le cas des Queen of Spades

Autre exemple parlant : les Queen of Spades. Cette pratique, qui a inspiré tout un symbole que beaucoup d’entre vous portent fièrement, n’a rien à voir avec l’échangisme. Une Queen of Spades vit son libertinage à travers des rencontres qui lui sont propres, dans une dynamique où son ou sa partenaire n’est pas de l’autre côté d’un échange réciproque, mais dans un rôle différent, souvent en retrait ou en soutien.

C’est un excellent exemple de tout ce que recouvre le mot « libertinage » au-delà du cliché de l’échange de couples. Et c’est justement pour ce genre de pratiques, avec leurs propres symboles et leur propre fierté à afficher, qu’on a créé nos premières collections.

Le libertinage, un spectre, pas une case

Alors non, tous les libertins ne sont pas échangistes. Le libertinage est un spectre de pratiques bien plus riche que ce que le cliché laisse penser, et chacun y trace sa propre ligne. C’est justement cette diversité qui en fait la force : il n’y a pas une seule façon de vivre le libertinage, il y a autant de façons que de couples et de personnes qui s’y retrouvent.

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